Duhaime doit s'excuser! 20/01/2012
Je trouve que le discours de M. Duhaime avec ses attaques sur la génération des boomers (dont je fais partie) est une excellente occasion de rappeler à tout le monde qu'on ne peut mettre tout ce beau monde né entre 1946 et 1964 dans le même sac. Parmi les personnages de boomers y'avait aussi les hippies. Et il nous faut aujourd'hui reconnaitre que, comme l'a écrit Mark Morford* du San Francisco Chronicle : Les hippies avaient raison sur toute la ligne! Je reproduis ici son texte pour sa pertinence dans le discours ambiant sur la désolante cupidité et l'inconscience navrante des boomers, comme si le groupe ne faisait qu'un... Recyclage, produits bio, souci du bien-être animal, énergies renouvelables… A qui doit-on tout cela si ce n’est aux vieux babas des années 1960 ? Qu’est-ce qui est bon, positif et respectueux de l’environnement, et qui a lieu en ce moment même aux Etats-Unis ? Ne me répondez pas “la multiplication des armes à feu au Texas” ou “les interminables guerres injustes et ingagnables de Bush et compagnie au Moyen-Orient”, car cela ôterait toute sa raison d’être à cette petite chronique guillerette. Non, je veux parler de la généralisation des ampoules électriques basse consommation, des produits bio et des produits ménagers sans composants chimiques qu’on trouve partout, même dans les magasins discount, de la protection des baleines et des dauphins, des cours de yoga qui fleurissent dans toutes les petites villes, des sex-toys sans phtalates vendus chez Good Vibes et de la Prius, la voiture hybride de Toyota devenue le plus étonnant signe de réussite sociale du pays. Des bonnes choses, quoi. Il n’y a qu’une seule conclusion à tirer de la stupéfiante (bien qu’intermittente et douce-amère) révolution écologique à l’œuvre dans la culture et dans les allées du pouvoir : les hippies avaient raison sur toute la ligne. Oh ! que oui. Vous savez bien que c’est vrai. Tout cet enthousiasme débordant pour guérir la planète, manger sain, éviter les produits chimiques, travailler en harmonie avec la nature et développer son moi ? Ça vient des hippies. La médecine douce ? Les hippies. Le coton bio ? Les hippies. Le bois récupéré ? Le recyclage ? Le souci du bien-être animal ? Le cannabis à usage thérapeutique ? Les énergies de substitution ? L’accouchement naturel ? Les semences non-OGM ? Tout cela vient des babas cool (qui l’avaient eux-mêmes tiré de cultures anciennes), des alternatifs, de l’underground et de la marge, et il est temps que les médias, la classe politique et la culture tout entière leur envoient leurs plus plates excuses dans une enveloppe en chanvre. Je vous soumets une suggestion venant de l’un de mes plus astucieux lecteurs ex-hippies. Au lieu d’acheter des droits d’émission de gaz carbonique afin de soulager leur conscience, les pollueurs industriels devraient plutôt, pour compenser les terribles dégâts qu’ils ont infligés toutes ces années à l’âme de la planète, acheter quelques droits de karma aux anciens hippies eux-mêmes. A ceux qui œuvrent depuis cinquante ans à la santé de la planète, sans qu’on leur en soit reconnaissant, et qui ont réussi à se constituer un gros stock de bon karma. Qu’en pensez-vous ? Les tatouages sont les nouveaux cheveux longs On peut, bien sûr, discuter sur le fait qu’une bonne partie de l’“authentique” philosophie hippie – l’idéologie antientreprise, la libération sexuelle, l’anarchie, la défense des droits civiques, l’expérimentation – a été entièrement vidée de sa substance. Que les entreprises se sont approprié, en les édulcorant, les moindres technologies et idées en faveur de l’environnement pour les rendre à la fois alléchantes et rentables. Si l’on est vraiment cruel et peu clairvoyant, on peut dire aussi que le mouvement hippie a été incroyablement surestimé, que sa réputation est démesurée par rapport à son impact réel, qu’il n’a pas été grand-chose d’autre qu’un gros prétexte pour se lâcher, participer à des orgies sans prendre ses responsabilités, consommer des drogues à tout-va, échapper à la guerre du Vietnam, ne pas se laver pendant un mois et appeler son enfant Tournesol ou Lune Shiva ou Chakra Lennon Saphir Abeille. C’est ce qu’on appelle la vision réac de base. Elle fait allégrement fi de l’histoire et de l’évolution de la culture en général. Mais, après tout, qu’importe ? Les preuves sont suffisamment faciles à trouver. Les fondations jetées par la contre-culture des Sixties sont restées tellement intactes et tellement solides que même le plus hostile des néoconservateurs est obligé de le reconnaître. Il n’y a qu’à voir : Treehugger.com est le nouveau canard hippie underground des années 1960, l’ecstasy le nouveau LSD, les tatouages les nouveaux cheveux longs... Et des groupes de rock aussi différents que Pearl Jam, Bright Eyes, NIN et les Dixie Chicks écrivent des chansons férocement anti-Bush et antiguerre, destinées à une nouvelle génération ultrablasée. La contre-culture, c’était résister au statu quo et combattre le pouvoir tyrannique des entreprises et des politiques, ouvrir sa conscience et imaginer de nouvelles possibilités pour vivre avec quelque chose qui ressemble à un vrai respect de la planète, des cultures différentes, de son prochain. Bref, toutes ces conneries de hippies auxquelles personne ne croit plus. Pas vrai ? *Mark Morford du San Francisco Chronicle, chroniqueur à la plume très acérée, est aussi professeur de yoga et grand connaisseur des arbres. San Francisco Chronicle 2 Comments | jici lauzonun blog, réfléchir à voix haute, quand on a faim pour plus que 140 caractères... ArchivesCatégories |
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