JiCi Lauzoncomédien humoriste animateur
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JiCi Lauzon n'a pas perdu de son mordant
Marianne Dandurand
La Tribune 
Publié le 16 mars 2009 

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Sa chemise lignée, a fait remarquer Jici Lauzon, ne permet pas de cacher le nombre des années qui s'accumulent... Mais ces années ne lui ont pas fait perdre ses repères d'humour. (ici avec Jean-Pierre Lambert) IMACOM, MAXIME PICARD


(MAGOG) Jici Lauzon ne s'en est pas caché. Son retour sur scène se
voulait un retour aux sources. Après 12 ans à laisser ses souliers
d'humoriste s'empoussiérer, en bonne partie sous le meuble de
télévision pour laisser place au Lacaille de Virginie, il avait besoin de voir le public en vrai.


Il y avait tout lieu de se demander si le confort des vieilles chaussures ne serait pas celui des escarpins... Parce qu'en 12 ans, il a vieilli, a-t-il avoué d'entrée de jeu au public. «On l'avait remarqué!», a lancé tout de go un spectateur. C'était allumer la mèche d'un feu roulant d'échanges entre l'artiste et l'assistance. «J'ai beau porter du ligné...» a-t-il poursuivi. «T'étais plus mince avant!» a alors crié un autre spectateur. Des rires encore, avant le «toi avec» vite répliqué par Lauzon, qui n'a visiblement pas perdu de son mordant, même s'il n'a «pas loin de 50 ans... Juste 54».

Il n'a pas mis de temps à le prouver: les souliers sont restés aussi confortables que de bonnes vieilles pantoufles. Il était heureux d'être de retour à Magog, a-t-il sans cesse répété. Et le parterre a aimé. C'est d'ailleurs ce qui a fait le succès de la première partie: un public qui ne se gênait pas pour envoyer des balles. Toujours récupérées avec aisance. Aucun problème à sortir des lignes, et pas trop à y revenir.

Endossant son rôle de stand-up de cabaret, il n'a pas marché très loin des sentiers battus. Sa zone de confort se trouvait dans les faits marquants de sa vie. Son rôle de père, un tardif retour aux études, les conflits intergénérationnels, sa jeunesse. Et la drogue. Tout baigne, s'intitule le spectacle, en référence à sa vie. Parce que dans ces temps qu'il a qualifié de lugubres, «on dirait que je suis drogué, mais je ne suis
qu'heureux».

Il ne se drogue peut-être pas, mais il en parle. Marijuana, mescaline, champignons magiques, lignes de coke... «J'imagine le texte dans le journal», s'est-il faussement inquiété. «C'est un texte!», a-t-il lancé à l'intention de quiconque aurait pu rapporter ces propos. À sa décharge, un spectateur a pris soin de répéter sans cesse le mot mescaline.

L'actualité moins récente a aussi collé sous ses vieilles savates. L'homme décapité dans un autobus au Manitoba en juillet dernier. Les épisodes des Lacroix, Simard et Richard. Et personne n'a osé lui souffler que Jean Charest n'est pas le député de Magog, comme il l'a cru. Les blagues restaient bonnes malgré l'imbroglio géographique.

Dans les bagages de ses anciennes amours, Jici Lauzon a aussi trouvé beaucoup de partitions. Sans les paroles, qu'il a pris soin de recomposer avec une bonne dose d'humour. Un rappel de ses performances sur la scène des Deux Pierrots. Accompagné sur scène par le musicien Jean-Pierre Lambert, l'humoriste a gratté la guitare et étiré l'accordéon. Les chansons, éparses dans la première partie, ont pris presque toute la place en seconde partie. Le public y a peut-être perdu ses interactions avec le stand-up, mais ne s'est pas gêné pour taper dans les mains au rythme de la musique. Ou taper du pied durant tout un numéro sur le folklore. Les féministes n'avaient pas commencé leur oeuvre du temps de ces chansons à répondre, a-t-il remarqué, entonnant le Petit cordonnier qui battait sa femme «si drette, si drette», puis la Destinée
la rose au bois: «mais c'est l'affaire des filles de balayer la maison». Hommes et femmes ont mis beaucoup de coeur à répondre.

En ressortant ses vieilles savates, Jici Lauzon ne vise pas le Centre Bell, a-t-il confié dans La Tribune samedi. Tant mieux. C'est en toute intimité que son humour s'étrenne le mieux!